Du 2007/06/09 au 2007/06/17

-- D'Islamabad à Skardu et Khaplu

Approche du conflit du Kashmir

- La carte présente le tracé GPS, en bleu, du trajet actuel d’Islamabad à Khaplu via Skardu et le tracé, en rouge, du trajet de Jammu à Leh via Kargil. La couleur des tracés ne fait pas sens. Ainsi les effets de la partition des Indes apparaissent clairement pour la région historique du Jammu & Kashmir qui s’étendit des vallées de la Gilgit et de la Hunza au Ladakh. Les anciennes routes caravanières passèrent par les vallées de l’Indus, de la Jhelum et de la Shyok. La ligne de cessez-le-feu de l’ONU tient lieu de frontière internationale. La frontière entre Muzaffarabad et Srinagar est fermée. L’unité géographique est naturelle.
- Le peuplement du Ladakh est de race jaune tibétaine de religion bouddhiste et de race indo-européenne, les dardes, de religion musulmane. La vallée du Kashmir est essentiellement composée de dardes musulmans avec une forte communauté hindou. Le peuplement du Baltistan est composé de Baltis chiites. L’Azad Jammu & Kashmir, région de Muzaffarabad, est peuplé de dardes sunnites. L’unité politique reste en devenir.
- L’unité de la région fut maintenue fictivement par le British Raj. La situation actuelle est la résultante du choix du maharaja hindou du Jammu & Kashmir et de la décision de l’ONU, Line of Control. L’indépendance et la partition mirent en évidence le problème ethnico-religieux existant depuis l’effondrement de l’empire Moghol consacrant l’inachèvement de l’expansion de l’Islam et le renouveau de l’Hindouisme.
- Le développement économique des deux ensembles, Pakistan et Inde, n’atteint pas le même niveau. Srinagar est une ville moderne en plein essor industriel et touristique. Le Ladakh bénéficie des retombées de la présence militaire indienne. Par contre le Baltistan, Skardu, subsiste par le tourisme traditionnel existant bien avant la partition, expéditions vers les grands sommets et randonnées dans les vallées. A ce jour je n’ai pas visité l’Azad Jammu & Kashmir, restricted area. Le niveau de vie des deux régions est très contrasté.
- L’Inde est un pays de tolérance religieuse où cohabitent les trois grandes religions ancestrales et l’Islam (12% de la population). Au Pays des Pures, Pakistan, les heurts interethniques ne sont pas rares. La langue officielle, l’Urdu, est parlée par moins de 10% de la population. L’Islam est la religion de plus de 96% de la population. L’opposition religieuse entre orthodoxes et modérés prend une acuité de plus en plus forte. L’animosité respective des deux peuples rend problématique, à court terme, une solution politique au conflit du Kashmir.



 

 

 

 

Le tracé de la route 
d'Islamabad à Skardu & Khaplu
du 09/06 au 17/06/2007 

Le matin du départ pour le nord, 09/06, et après les derniers préparatifs, j’eus un dernier entretien avec le germano-français arrivé hier en moto des régions du nord du Pakistan. J’étais en compagnie d’Etienne arrivé lui aussi hier en 2cv. Les informations recueillies furent précieuses pour éviter certains écueils, par exemple ne pas prendre la route de Chitral à Dir en travaux pour la construction d’un tunnel. Je quittais Islamabad après avoir fait le plein de gazole vers 10:30. En ce samedi le trafic était très important sur la route de Murree où j’arrivais vers 12:00. Je m’arrêtais au village suivant pour déjeuner d’un ragoût de mouton et de chapatis. Je pensais trouver un bivouac à Nathiagali. Hélas le village est construit le long de la route sans parking pour le camion. A environ 10 kilomètres d’Abbottabad un vaste terre-plein le long du torrent était occupé par une Grande Roue et divers jeux, je décidais d'y installer le bivouac, le lieu est appelé Harnou. A mon arrivée il n’y avait personne. Progressivement les automobilistes s’y arrêtaient et la Grande Roue se mit en marche. A la nuit tombée les visiteurs partirent, j’étais seul. La nuit fut agréable, sans bruit et sans muezzin.

 

 



Ombrelles 
en route 
le 09/06/2007 

 

 

 

Bivouac 
Harnou 
le 09/06/2007 

Le 10/06 je quittais la Grand Roue vers 09:00 pour rejoindre la KKH à Abbottbad, grande ville aux faubourgs très populeux. Les paysages devinrent intéressants après Batgram. La route serpente entre des moyennes montagnes cultivées en terrasse surplombant de profonds canyons. Elle descend une vallée dont le torrent se jette dans l’Indus qui est franchi par le pont chinois à Thakot. Le contrôle de police après le pont consista à s’inscrire soi-même dans un registre sans descendre du camion. J’arrivai à Besham vers 17:30 où je rencontrais à l’entrée un camping-cariste aperçu au Tourist campsite d’Islamabad. Le cybercafé n’était pas ouvert. J’établis mon bivouac au Besham Midway Hotel où je dînais.

 

 



Paysage 
en route 
le 10/06/2007 

 

 

 

Indus river bridge 
Thakot 
le 10/06/2007 

Le 11/06 j’avais décidé d’aller jusqu'à Chilas. Après Besham la route serpente dans les montagnes dans d’extraordinaires paysages. Toutefois le revêtement de la chaussée était très dégradé. J’atteignis Dasu vers midi. Le stationnement en montagne étant très difficile, je trouvais un emplacement à l’ombre contre la paroi rocheuse pour la pause déjeuner. Après Barseen la route sur la rive gauche de l’Indus est de bonne qualité. J’arrivais à Chilas avant 17:00 pour établir le bivouac au Chilas Inn dont le manager demandait 600 KPR pour la nuit. Après négociation le prix fut de 200 KPR. J’y rencontrais un couple de français dont j’avais fait la connaissance au Tourist campsite d’Islamabad. Lors du dîner au restaurant de l’hôtel nous échangeâmes des informations pour la poursuite du voyage.

 

 

 
Dasu 
11/06/2007 

 

 

 

Éboulement 
en route 
11/06/2007 

Le 12/06 je quittais mes amis vers 08:00 après d’ultimes échanges d’informations. Ils retournaient à Islamabad prendre leurs visas indiens puis se diriger vers le Ladakh. J’arrivais vers 11:00 à Jaglot où je pris un brunch souhaitant atteindre Skardu avant la nuit. Je franchis le pont de la Gilgit River à 11:30. Un contrôle de police est situé de l’autre côté ; là comme précédemment je m’inscrivis moi-même sur le registre. La route de Skardu longe l’Indus aux flots tumultueux pendant 170 Kilomètres. Elle est construite à flanc de montagne dans de profonds canyons et parfois taillée en voûte dans la roche laissant une hauteur d’à peine 4 mètres. De plus elle est à voie unique requérant une extrême attention lors du croissement des voitures et surtout des camions. Je dus faire des marches arrière assez délicates. L’état de la chaussée est très variable de correcte à très dégradée. La vallée est si étroite que parfois le GPS perdait la vue des satellites ; ainsi la trace sur la carte présente des discontinuités. J’entrais dans Skardu vers 17:30 et j’installais mon bivouac au PTDC K2 Motel vers 18:00. Après négociation le manager m’accorda le parking gratuit si je dînais au restaurant.
Les deux photos montrent la confluence de l'Indus et de la Gilgit au croissement de trois massifs montagneux, l'Himalaya, le Karakoram et l'Hindukush. L'Indus bute sur l'Hindukush en conséquence son cours se dirige vers le sud.

 

 

 
Point de vue 
en route sur la KKH 
12/06/2007 

 

 

 

Confluence de l'Indus et de la Gilgit 
en route sur la KKH
12/06/2007 

Du 13 au 15 juin inclus je bivouaquais au PTDC K2 Motel malgré un environnement pas très exaltant. Je visitais la ville de Skardu. Elle est située dans une large vallée de l’Indus parsemée de bancs de sable que le vent du soir soulève en tourbillons de poussière. Blottie au pied du Karpochu elle est construite le long du bazar où se mêlent les boutiques de vêtements, d’accessoires automobiles, d’articles de trekking et d’agences de voyage. En effet Skardu est la base de départ des ascensions et des treks pour les grands sommets du Pakistan, K2, Broad Peak, Hidden Peak pour les plus de 8000 mètres. Je me reposais dans le jardin du K2 Motel en finalisant le plan de route jusqu’au 13/07 date de mon retour à Islamabad pour prendre le visa indien et attendre le nouveau passeport prévu pour la semaine suivante.

Le 16/06 je décidais de visiter la ville Khaplu à une centaine de kilomètres de Skardu. Le temps était maussade. La route est belle le long de l’Indus puis de la Shyok. J’entrais dans la ville avec le camion et j’eus beaucoup de difficultés de m’en extraire avec l’aide bienveillante de la police. De retour sur la route principale, je le parquais à la jonction des deux routes. Puis à pied j’allais visiter le Palais de Khaplu. A mi-chemin je fus pris en charge par une jeep de l’armée et au retour par un van local ; c’est la gentillesse des pakistanais. Le palais en ruine est en cours de réhabilitation par l’Aga Khan Trust et le Gouvernement de Norvège.
L’impossibilité de trouver un bivouac et le temps se dégradant, je retournais à Skardu pour bivouaquer près du PTDC Sadpara Motel en surplomb du Satpara Lake. J’y passais le dimanche 17/06.

 

 

 
Le boulanger 
Khaplu 
16/06/2007 

 

 

 

Le Palais 
Khaplu
16/06/2007 

 

 

 
Satpara Lake 
Skardu 
16/06/2007 


Skardu, le 2007/06/17