Sassari
Je quittais la Villa
Thébaïde le 27/08/2017 vers 18h30 pour un voyage de deux mois en
Sardaigne. Le départ du Lota de Corsica Ferries est prévu à 22h00 à
Toulon. Le temps était beaucoup et chaud en cette fin du mois d’août.
Après l’embranchement de l’autoroute de Toulon deux LED se sont allumés
au tableau de bord, les freins et le moteur. Le camion avait été révisé
à Montevideo, Uruguay, avant l’embarquement sur le bateau de Grimaldi le
21 mars 2017 affichant 114218 km soit 1527 km parcourus d’Anvers à
Toulon ! Quelle déception où est la fiabilité légendaire de
Mercedes-Benz. Après le débarquement à 6h32 à Porto Torrès je me
dirigeais directement à Sassari où il y a un concessionnaire
Mercedes-Benz. Je me présentais à l’ouverture 8h30 pour prendre
rendez-vous le lendemain mardi 30 août. Puis je visitais le centre
historique de la ville. Avec près de 130000 habitants elle est la
deuxième ville économique de la Sardaigne. Elle se développa au 13e
siècle sur le site de l’ancien village de Thathari entouré d’une
enceinte de 2,6 km dont il reste quelques vestiges. Je parcourais le
circuit proposé par le Guide Vert dans les rues étroites ; quelques
beaux bâtiments du moyen-âge subsistent. La température était de +34°C.
En fin d’après-midi je trouvais un parking derrière le garage KIA.
Sassari, click la photo pour ouvrir la galerie
Porto Torres
Le mardi matin dès 8h30
j’étais à la porte du garage… à attendre le réceptionniste. Aussitôt il
appela un employé qui vint prendre en compte mon véhicule puis je
répondis aux questions du réceptionniste pour remplir les formulaires
ad-hoc. Heureusement il parlait anglais. Je me rendis à la salle
d’attente. Vers 10h00 le diagnostic tomba, changement des plaquettes de
frein avant et changement d’un capteur avec un filtre du moteur. Mais
les pièces devaient être commandées pour être livrées le mercredi. Je
croyais que les véhicules premium de Mercedes-Benz respectaient la
législation Euro 5/6 et, étaient équipés de logiciels prédictifs pour
l’entretien. Certes le "G" a trente ans d’âge mais il respecte la
législation. Est-ce une erreur de Mercedes-Benz à Montevideo ? Les
plaquettes de frein sont une pièce d’usure normale surtout à 114.218 Km
en ce qui concerne le capteur et son filtre je n’ai pas compris de quoi
il s’agit. Je me renseignerai à mon retour en France notamment pour
savoir s’il s’agit d’une pièce d’usure afin d’en mettre une dans mon lot
de bord pour mon voyage en Afrique Australe. Je quittais le garage pour
faire de l’approvisionnement au Carrefour local puis pour aller visiter
Porto Torres avec sa tour éponyme et surtout la Basilica di San Gavino
de pur style roman construite entre 1030 et 1080 avec ses deux absides
opposées et ses deux portails l’un au nord et l’autre au sud. Je
commençais par la visite de la crypte puis de la nef avec son
maitre-autel opposé au catafalque. Je traversais la ville pour admirer
la Tour aragonaise construite au 14e siècle pour défendre le
port aux invasions. En fin je partis à la recherche de San Michele di
Plaiano sur la SP-60 que je ne trouvais point. Je m’arrêtais pour
déjeuner frugalement et faire de l’administratif avant de retourner à
mon parking de Sassari.
Porto Torres, click la photo pour ouvrir la galerie
Sassari, Mercedes-Benz
Je passais la journée du
mercredi 30 août à attendre chez Mercedes-Benz la réparation du camion
dont les pièces détachées devaient arriver en fin de matinée. Le camion
me fut rendu peu avant 16h00. Bien sûr les plaquettes de frein sont des
pièces d’usure mais ce n’est pas le cas du capteur électronique du
filtre à particules qui contrôle le remplissage du dit-filtre. Depuis
l’origine du véhicule c’est le troisième capteur HS. Je retournais au
parking connu pour la troisième nuit.
Ozieri
La journée du jeudi 31
août s’annonçait encore chaude. En passant devant le concessionnaire
Mercedes-Benz je pris une photo souvenir ! Puis je me dirigeais vers
Osilo par la route des écoliers m’arrêtant à Sorso pour visiter l’église
San Pantaleo progressant vers Sennori puis Osilo dans un paysage de
moyennes montagnes et de pâturages. La route zigzaguait de collines en
vallons. A tort je m’engageais dans le village d’Osilo construit sur une
colline avec des rues très étroites. Je ne m’en sortis qu’avec l’aide
des villageois qui me souhaitèrent ensuite Buono Viaggio.
Le défaut majeur et rédhibitoire du Mercedes-Benz "G" est son rayon
de braquage trop grand, il accuse son âge de conception. Malgré tout je
visitais de loin les ruines du château Malaspina ainsi que l’église
Immalacolata Concezione. A peine avais-je fait quelques kilomètres que
la LED du moteur s’alluma de nouveau. En conséquence je retournais chez
M-B à Sassari. Après une demi-heure le diagnostic fut une erreur du
système électronique de la pédale, …, de l’accélérateur ! Le responsable
et son acolyte avec l’aide du traducteur Bing me racontèrent une
histoire abracadabrantesque de deux niveaux d’enfoncement de la pédale
et de kick-down que je ne fais jamais. Qu’ont-ils fait ? Dieu seul le
sait. La voiture me fut rendue avec la LED éteinte. L’après-midi se
passa sans incident je visitais les églises de la Route Roman jusqu’à
Ozieri où je trouvais un bivouac au bord d’une route de terre. Le long
de la route S 597 les églises romanes se succèdent aux couleurs toutes
différentes mais résolument à l’austérité des premiers chrétiens et à
l’arcature de plein cintre. Hélas certaines sont fermées hors l’horaire
des offices. La température s’adoucit en fin d’après-midi et pendant la
nuit orageuse sans précipitations.
La Route du Roman, click la photo pour ouvrir la galerie
Tissi
Le vendredi 1er
septembre je parcourais la campagne au sud de Sassari m’arrêtant pour
visiter trois villages très colorés et leurs églises rurales, Florinas,
Cargeghe et Tissi qui sont des 17e et 18e siècles.
Je bivouaquais sur un parking à la sortie du village sur la route de
Sassari. La journée fut agréablement ensoleillée avec une température
supportable.
La campagne au sud de Sassari, click la photo pour ouvrir la galerie
San Pietro del Crocifisso
Le samedi 2 septembre je
partis de Tissi pour aller visiter Castelsardo mais en passant par
Sassari je m’arrêtais au centre commercial de Carrefour où la connexion
Internet est de bonne qualité pour publier la première partie de la page
hebdomadaire du site notamment la vidéo de la traversée d’Osilo.
Castelsardo est une forteresse construite en 1102 sur un piton par la
famille Doria pour garder le port. La ville basse est très touristique.
Le château vaut tout juste le détour pour l’église Santa Maria delle
Grazie et son crucifix du Christ noir et son Ecce Homo du maître-autel.
La Cathedrale di Sant’Antonio Abate est essentiellement renommée pour
son campanile. Je quittais Castelsardo par la S#134 pour visiter les
villages blottis dans les collines de L’Anglona. En route je passais à
côté du Roccia dell’Elefante où deux jeunes filles gâchèrent ma photo. A
Sedini un mural attira mon attention en montant voir l’église
Sant’Andrea et son beau portail. Après Bulzi l’église San Pietro del
Crocifisso dans la campagne est remarquable par son architecture romane
bicolore malheureusement fermée. Le site retint mon attention. Plus loin
le village de Perfugas possède une église, fermée, qui abrite un retable
digne d’intérêt ! À côté une fouille archéologique, fermée, a mis à jour
un puits sacré nuragique. Je retournais bivouaquer au pied de San Pietro
sous la protection bienveillante du Seigneur. Le temps était maussade
avec des bourrasques de vent et quelques gouttes de pluie pour
rafraîchir l’atmosphère.
Castelsardo & L'Anglona, click la photo pour ouvrir la galerie
Isola Rossa
Le dimanche 3 septembre je
continuais la visite des villages dans les collines de l’Anglona avec un
arrêt à Laerru pour les petites églises rurales de Santa Margherita et
Rosario. A Chiaramonti, blotti sur le flanc d’un piton au pied du
château je découvris des muraux ainsi que l’église San Matteo en montant
au Castello Doria dont il ne reste que des ruines et le donjon tronqué ;
il fut construit au 13e siècle. De retour vers Martis je pris
une route à gauche près d’une fontaine pour découvrir cinq kilomètres
plus loin l’exquise église romane Santa Maria Maddalena en plein champ
s’intégrant harmonieusement dans le paysage bucolique avec une barrière
à ouvrir pour l’aborder. Enfin à l’entrée du bourg Tergu l’église romane
Nostra Signora di Tergu est ce qui subsiste d’un monastère bénédictin
construit entre 1065 et 1082. Certes les esprits chagrins diront que
pour cette première semaine en Sardaigne je visitais principalement des
églises. Je leur ferai remarquer que les racines de l’Europe sont
chrétiennes et que pour comprendre un peuple et sa civilisation il faut
commencer par s’imprégner de sa culture donc de sa religion. Le tour du
monde que je poursuis est une immersion religieuse. Depuis que l’homme
marche debout, homo erectus, il n’y a pas de civilisation sans religion.
Le philosophe Régis Debray, qui ne peut être suspecté de cléricalisme,
écrit dans Civilisation son dernier ouvrage : "L’Arménie serait-elle
encore arménienne sans le christianisme, et le Laos encore laotien sans
le bouddhisme ?" N’en déplaise aux athées de tout poil. Je trouvais un
bivouac dans le village de pécheurs Isola Rossa, malheureusement sur un
parking !
L'Anglona & Isola Rossa, click la photo pour ouvrir la galerie